mercredi 18 décembre 2013

Besoin de vous...

Ca y est, le projet Psyché est déjà sur kisskissbankbank.

Nous avons besoin de votre soutien pour que ce film puisse voir le jour.
Un beau thème traité avec sensibilité et pertinence.
N'hésitez pas un instant!




lundi 16 décembre 2013

Note d'intention Psyché


Tout projet de court-métrage passe par l'écriture d'un scénario et aussi d'une note d'intention.
Il s'agit d'éclairer en quelques mots le lecteur sur le point de vue de l'auteur. C'est une sorte de lettre ouverte qui permet de découvrir la personnalité de l'auteur, sa perception propre et singulière de l'histoire racontée.
Voici donc quelques lignes de Alexandra à propos de Psyché.


La rencontre avec PSYCHE

Un de ces jours vagues, où on ne sait plus vraiment comment ça a commencé, j’étais en grande conversation avec un homme d’une quarantaine d’année. J’évoquais ma difficulté à trouver un emploi. Il m’interpelle quelque peu en me lançant gravement : « vous avez un problème d’image... vous devriez vous maquiller... mettre un peu de couleurs.. » ! Légèrement sonnée, je revins dare-dare me poster devant mon miroir, objet de mon quotidien, parfois bienveillant, parfois cruel : « suis-je si terne que ça ? ... quelle image je donne ? ... que dit-elle de moi ? ». Dans la maturité de ma trentaine, l’injonction à la féminité et à une présentation soignée reviennent souvent telle une rengaine. Une amie me lançait un jour : « Oh, tu as mis du rouge à lèvre ! Ca te va bien... ça te réveille ! ». Moi qui m’évertuais à m’éveiller autrement, à me cultiver, à me « remplir », à m’approfondir, peut-être avais-je trop négligé cet aspect-là : l’image de soi ? Et, le maquillage, attribut et pratique séculaire de la femme par excellence, semblait être un moyen miraculeux d’y remédier. Pourtant, le souvenir de ces femmes qui entouraient mon enfance, mère et tantes, fardées des couleurs flashy des années 80, aurait dû me pousser à prendre la relève. Il n’en était rien : je trouvais ça « superficiel ». C’était une certitude à 20 ans, peut-être était-ce finalement de l’arrogance.

« La profondeur ne peut pas se passer d’une certaine superficialité » disait Nietzsche. A trop vouloir percer les mystères du caché, qui toujours nous intriguent, nous devenons aveugles du visible ou du trop visible. Historiquement affligé d’ « artificiel », de « subterfuge » voire de « mensonge », le maquillage semble être condamné à ne jouer que de la coquetterie, à se maintenir exclusivement dans une course à la séduction. Partant moi-même de ce préjugé, Marie-Ange, Jeannine et Marie-Madeleine allaient bouleverser mes idées préconçues. A travers le rapport qu’entretient ces trois femmes avec le maquillage, se tisse une relation bien plus complexe de la femme et de sa parure. La parure féminine a souvent été traitée dans son évolution historique, ou dans un contexte polémique (l’industrie des cosmétiques, la représentation de la féminité dans les images publicitaires..). Cette recherche effrénée de la beauté resplendissante, omniprésente dans notre société, s’immisce certes inévitablement dans leurs propos (question de la peau, des rides..) mais pas que. Le pourquoi de cette relation si particulière qu’entretient une femme avec ses cosmétiques ne peut se voir qu’à travers le prisme d’une beauté séductrice. Loin d’un parti-pris, d’un « pour ou contre » sur le maquillage, le lien qui s’opère entre la femme et son image fardée est bien plus existentiel. Les socio-esthéticiennes, en contact permanent avec la pratique cosmétique, d’ailleurs en parlent très bien. Comment juger une femme au maquillage outrancier derrière lequel se cache, volontairement ou pas, une grande souffrance voire un désordre psychologique évident ? Et même si elle représente un cas extrême, n’est-elle pas en résonance avec de nombreuses fragilités de femmes, comme moi et comme bien d’autres qui m’entourent ?

Le film, « Psyché », naissait. En interprétant les gestes du maquillage désirés ou abandonnés de ces trois femmes, il interroge la nébuleuse question de l’image de soi. Du « qu’est-ce que je maquille » au « pourquoi je me maquille », le geste cosmétique est un face à face avec soi et aux autres. Il est écriture et construit un langage. Dans l’intimité de la salle de bain, dans le face à face solitaire au miroir, objet de tension et de confession, la femme se scrute et analyse son geste. Que cache-t-elle ? Que souligne-t-elle ? Dans le miroir, elle se voit et se pare pour être vue. Entre ce que la femme ressent d’elle-même et ce qu’elle veut qu’on perçoive, la femme se prépare en conséquence. Que veut-elle dire ? Quelle femme veut-elle être en se fardant ? Cette image transformée correspond-t-elle à ce qu’elle ressent ? Et, quand elle est sans fard, qui est-elle ?


mardi 3 décembre 2013

Nouveau film à venir...


Un film de Alexandra Cochard


Psyché, mot désignant un simple miroir mais aussi objet quotidien qui accompagne la transformation rapide ou lente que nous apportons à notre image.
Psyché, c’est le reflet de notre visage, avec toutes ces imperfections, tous ces charmes.
Psyché, c’est un regard porté sur les femmes, leurs désirs, leurs peurs, un peu de leur âme…

C’est avec plaisir que nous découvrons le scénario de Alexandra Cochard. La lecture nous transporte vers ces femmes d’âges et d’horizons différents. On est tout de suite intéressé, questionné ; on sent un travail minutieux, un angle de vue assumé, une sensibilité…

Nous évoquons ensuite avec elle son approche, les rencontres qui ont jalonné ses recherches, sa découverte de la socio-esthétique. Ce sujet peu exploité est bien loin d’être superficiel. Il est surtout intime et essentiel puisque le fondement de Psyché est l’estime de soi.
Psyché, c’est aussi un voyage intérieur pour ceux qui lisent et pour ceux qui verront le film. Car tout de suite se pose la question : et moi ? Mon rapport à ma propre image, quel est-il ?
C’est donc un travail intime, sensible et « questionnant » que propose Alexandra.

Notre complicité ne date pas d’aujourd’hui. Alexandra a participé au premier court-métrage produit par les Films du Landau en tant que assistante de réalisation. Nous la savons exigeante, précise et attentive. Nous sommes ravis de soutenir  son travail de réalisatrice. Il s’agit donc d’accompagner les portraits qu’elle dessine avec la caméra et les voix. De permettre la naissance de ce sujet.

Nous savons dès aujourd’hui l’intérêt que portent des socio-esthéticiennes, des formateurs, des éducateurs et une diffusion dans ces réseaux se profile tout naturellement.

Les repérages sont en cours. Les entretiens aussi. Les images se précisent au fur et à mesure du travail de développement.

Elles ouvrent leur porte, ces femmes, la porte des coulisses, les loges du quotidien. On à hâte d’assister à cette douce métamorphose, d’entendre dans leurs paroles la petite musique du temps qui passe et qui nous transforme de filles en femmes. Une musique pleine de douceur et de légèreté.

On perçoit déjà cette tendresse du regard porté sur celles qui se maquilleront devant nous. Le regard questionnant de Alexandra Cochard à ces femmes observées dans cet acte de transformation quotidienne. Marie-Ange, Marie-Madeleine et Jeannine savent que ce regard est aussi bienveillant. Elles sont prêtes.

Il nous faut juste patienter pour les entendre aussi.


Un beau projet à découvrir au fil des jours sur notre blog.